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Quand la faim enseigne

Pendant la guerre, ma grand-mère cuisait des umara dans la cendre, parce qu’il n’y avait plus de pain, plus de farine, plus de bateau qui passait à Tubuai. Le foyer brûlait du bois mort qu’elles ramassaient sur le flanc de la montagne, ses sœurs et elle. Elle apprenait à ses filles à reconnaître les feuilles qu’on pouvait manger et celles qui faisaient pleurer le ventre. Elle disait que la faim apprenait les noms anciens des plantes, ceux que les écoles avaient cessé d’enseigner avant la guerre. Elle nous a répété cent fois la même phrase, comme un avertissement à transmettre : tu n’oublieras pas, tu vois bien, le savoir revient quand il n’y a plus rien d’autre à manger.

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