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Les quatorze noms du vent

Mon grand-père construisait des pirogues à Faaone, juste après la guerre, quand les commandes pour la cale ont commencé à manquer. Il choisissait le bois lui-même, en remontant les vallées, et il pleurait quand il abattait un uru trop jeune. Il connaissait quatorze noms pour le vent, des mots qui ne sont dans aucun dictionnaire que j’ai pu trouver. Le vent qui annonce, le vent qui ment, le vent du matin qui tient sa promesse, le vent qui pousse à mer haute. Quand il est parti, treize de ces noms sont partis avec lui, parce que personne ne lui a demandé de les écrire à temps. Il reste le dernier, celui de la mer le matin, parce que je m’en souviens.

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