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Le froid de Paris

Le froid de Paris ressemble à un silence. Le premier hiver, j’ai marché dans la neige du parc des Buttes-Chaumont en pensant que les poissons sous la quille étaient devenus blancs eux aussi, à force d’attendre. J’étais arrivée en septembre pour l’université, sans valise pleine, sans manteau d’hiver. Mon corps ne savait pas se replier contre ce froid qui descendait dans les os. Je n’avais plus de mots pour expliquer où j’étais née. Quand on me demandait Tahiti comme un cliché, je répondais oui, parfois, par fatigue. La nuit je rêvais en reo et je me réveillais en français, comme si la langue de ma grand-mère ne survivait qu’au sommeil.

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