Mon arrière-grand-père fabriquait des to’ere à Papara, dans un fare ouvert sur la mer. Il choisissait le miro à la lune montante, jamais à la décroissante, en suivant ce que sa propre mère lui avait appris quand il était jeune. Il taillait le creux à la main, à la patience d’un mois de travail par tambour, avec des outils qu’il avait forgés lui-même. Quand le to’ere parlait pendant les fêtes, on entendait les générations qui battaient encore dans le bois, et toutes les fêtes de Papara venaient le commander à lui. Aujourd’hui on fabrique des to’ere à la machine en quinze minutes, et le son qui sort est plat. Quand mon père m’en a donné un de mon arrière-grand-père avant de mourir, il a dit : écoute bien, c’est mon père et le sien que tu entends.